Association « A l'Exception Culturelle » Monsieur Gabriel Bellocq 1, rue des Lts Thomazo Maire de Dax 40 100 Dax Hôtel de Ville, rue du palais 40100 Dax Dax, le 15 juillet 2008 Objet : Organisation du projet « Chill Out in the Féria » Monsieur le Maire, Par courrier en date du 8 juin nous adressions une demande de rendez-vous à Jacques Pène explicitant la volonté « d'officialiser » une initiative de l'association menée l'an passé sous le pont. Dans le cadre d'une demande de subvention « Landes Imaginaction » trois jeunes se sont investis au sein de l'association dans ce projet pour lequel une aide de 2 200 euros a été attribuée par la commission composée de représentants de différentes institutions dont le Conseil Général, initiateur. C'est la première fois que notre association demande -et obtient- une aide qui, en outre, ne représente qu'une partie du budget total. Parmi la liste des associations « référentes » (habilitées par le Conseil Général à fournir l'aide au montage du dossier) nous avons naturellement choisi « La Source » pour qui et avec qui nous travaillons bénévolement depuis des années dans différentes actions. Mr De Maria est un habitué de ce type de projet dont de nombreuses associations ont bénéficié, la dernière en date « Arte Rainbow » est partenaire de « Chill Out in the Féria » et a déjà soutenu notre association dont des membres sont communs. Le 4 juillet, Valentin était excusé, Aurélie, Julien, Mr De Maria, et moi-même étions au rendez-vous enfin accordé par Mr Pène, qui n'avait qu'une chose à dire : la commission s'était réunie et qu'il n'y aurait aucune nouvelle autorisation de buvette, surtout dans le contexte actuel de réflexion menée autour de l'organisation des fêtes dans le département. Avec plus d'écoute, Mr Pène aurait sans doute mieux compris tout le sens et les implications de ce projet qu'il convient de vous redéfinir succinctement tant il nous apparaît en phase avec les préoccupations légitimes de ceux qui considèrent la fête comme le moment privilégié de la joie, de la rencontre du partage et, dont nous estimons faire partie : En premier lieu il ne s'agit nullement d'une buvette, nous sommes probablement la seule association à en souhaiter ni la vente d'alcool, ni l'abus(dont nous constatons les dégâts au quotidien)... Nous avons toujours offert ou mis à prix libre les différentes boissons tout comme les repas et autres soupes le plus souvent préparées par les bénéficiaires grâce au matériel (conforme) mis à disposition. L'ouverture d'un point de vente de repas (menus à sommes modiques) découle de l'obligation qui a été faite d'avoir des rentrées d'argent, c'est d'ailleurs un point qui a créé des litiges au sein de nos membres, mais finalement tous les invendus seront offerts le soir, des foulards sont aussi prévus. A l'origine nous avons été présent dans le lieu avec l'objectif premier de protéger les sans-abris durant la féria en leur offrant un lieu d'accueil où se reposer, dormir, manger. Depuis quelques années nous avions observé qu'ils étaient de plus en plus victimes d'agressions, ne trouvant pas, par ailleurs de lieu où se réfugier. Pour votre information le CHRS est fermé à cette période, tout comme le sont la plupart des associations caritatives tout au long de l'été, raison pour laquelle c'est une période critique pour les gens à la rue, surtout en période de canicule. Le chapiteau, le matériel (conformes) ont été installés ainsi que le stand des préventions comme nous en avons l'habitude lors de nos interventions dans les concerts et festivals. Nous mettons en avant la convivialité, le partage et la tolérance. Depuis des années à travers le Poste Avancé de Préventions Autorisées, nous osons la « Fraternité », nous distillons aussi informations et matériels que nous nous procurons auprès de différentes associations /organismes permettant d'établir un lien avec les usagés et publics sensibles : - Dépliants sur l'usage de l'alcool et des drogues. Prévention sur les MST, le sida, l'hépatite, les pratiques à risque le tatouage, les piercings. Don de préservatifs, pailles, éthylotests (quand il y en a !). - Dépliants sur les troubles auditifs, don de bouchons protecteurs (quand il y en a). - Dépliants et petit livre sur la discrimination, et les violences féminines notamment au sein de la fête (opération initiée depuis quatre ans sur Bayonne face à la recrudescence des viols). - Depuis peu dépliants sur les abus, violences et le tourisme sexuel. - Informations diverses, dont les nôtres. Il s'est trouvé que l'un de nos membres les plus actifs (bénévole aussi au sein du Secours Catholique, de La Source) a décidé d'offrir un concert à l'occasion de son anniversaire. Cela a vite tourné en scène ouverte et autres boeufs (parfois cacophoniques). C'est cette initiative qui fût à l'origine du succès de cette première car il s'est créé d'emblé une relation entre tous les participants notamment les campeurs des bords de l'Adour. Nous avons retrouvé cette ambiance qui tend à se perdre. Notre informaticien de génie, présent aussi en avait fait une rubrique très appréciée sur le site de la Ligue des Droits de L'homme. A noter que l'endroit est resté rigoureusement le plus propre de la féria, ce que les employés municipaux ont apprécié, de même que notre café, ils vous le confirmeront sans doute, à l'instar de V.Bayeux aujourd'hui conseillère municipale qui nous a autorisée à la citer. Sous le pont c'est comme un mix des « sabots d'hélène » de la « chanson pour l'auvergnat » des « copains d'abords » avec une touche de la « mauvaise réputation ». Grâce à Georges, on y chante aussi « mourir pour des idées », dont celle qui dit que tant qu'on y dansera il subsistera la Liberté. D'une mobilisation hivernale, à laquelle vous avez vous-même participé, est née à Dax la scène de « la Fraternité » avec l'une des meilleure acoustique du Sud-Ouest et le public le plus tolérant. Cette culture « under-bridge » où rock fusionne avec rap et sème ses slams fraternels a toute sa place au coeur de la Fête, cela n'a pas échappé à notre trio qui a travaillé d'arrache pied dans des délais records avec la passion qui caractérise la jeunesse. Aurélie, née à Dax connaît l'association depuis ses premiers pas, habitante de la maison « Fraternité » (hiver 2003), elle a participé au concept « lieu d'hébergement solidaire ». Aujourd'hui jeune maman, c'est une créatrice qui met son tempérament dans l'expression artistiques et qui cherche à mener à bien d'autres projets. Elle a participé au dernier « Landes imaginaction » en exposant des peintures et en réalisant une « performance » sur le Body Painting. Elle s'est engagée pour la gestion de la logistique, a conçu les repas, mais anime aussi le domaine arts plastiques. Julien nous connaît depuis le « tour de rue », il résidait alors au CHRS et il y a participé. Avec sa guitare il anime depuis des semaines le point d'accueil, il a été le lien entre tous il assume la délicate cohésion musicale. Ménestrel aux idées claires il rejoindra le Service volontaire européen juste après la féria. Valentin, mon fils, qui poursuit prochainement ses études loin de Dax, a contribué depuis toujours et parfois malgré lui pour « A l'Exception Culturelle ». Il offre ses connaissances en informatique, toujours la tête sur les épaules, en plus de créer un site, il s'occupe du budget et de son suivi. Aux bénévoles habitués de l'association sont venus s'ajouter une trentaine, en ma qualité de Président j'écoute, j'explique, je rapporte et je colporte. Je me suis attribué la fonction du nettoyage et comptait sur vous et la communauté des communes pour initier une action éco-citoyenne en organisant le tri selectif (verre, plastiques, métal) pour les campeurs de l'Adour. La seule aide que nous demandions : un peu de bienveillance, votre approbation qui permets d'élargir le champ des partenaires, un compteur électrique pour un frigo et l'éclairage...votre présence à l'inauguration. Toutes, tous trouvent le concept original et constructif, personne ne doute ni de nos capacités ni de nos compétences acquises de longue date pour organiser l'évènement sauf, semble t'il, votre équipe dont nous attendons l'avis officiel. Par contre nous savons que par fax vous avez demandé au Directeur de La Source de s'engager par delà les conditions des dossiers « Landes Imaginaction » notamment en « sécurisant » le site. Mr Spinhirnyc, récemment nommé, prétextant n'avoir pas « signé », ignorant aussi les modalités de la participation de son organisme au sein de « Landes Imaginaction » l'en a retiré sans aucune concertation préalable. Revenant sur une pratique acquise depuis des années envers tous les partenaires de « Landes Imaginaction », Il est choquant de constater que non seulement il désavoue Mr De Maria, mais de plus il remet en cause la politique et les actions de ses prédécéceurs. C'est aussi un dommage de 2200 euros. Qu'est ce que vous appelez « sécuriser » un site durant les Fêtes ? Du plus petit encierro du monde à la rue de la fontaine chaude l'espace public est envahi par les bars, les penas, les estanquets et autres estabucs extensibles dans un vacarme de sono. Commerces barricadés, habitants fuyant le centre ou même la ville, préférant Luxey, il faut d'ailleurs plusieurs jour à la ville pour s'en remettre : tout est fermé en pleine saison du mois d'août. Nous avons vu au fil des ans de plus en plus de CRS, puis les vigiles et agents de sécurité (en permanence au point sanitaire à côté du pont). Tout est possible et aucun risque ne peut être exclu, il y a quelques années un professeur assassiné par un ancien élève et il a peu le jeune Ken sans qu'il se trouve personne pour prévenir le drame. La non violence a toujours été le préambule de nos actions, et nous incitons les citoyens à investir cet espace pour qu'il n'existe aucune zone de non-droit pourtant, à l'occasion d'un concert de soutien l'automne dernier, nous avons eu plus de bagarres qu'en deux mois et demi de campement. Nous avons géré cette situation comme d'autres avant, comme des gens responsables : aucun blessé, mais qui pouvait prévoir ? Fondateur de la pena Alégria (c'est de famille), impliqué depuis tant d'années dans la vie associative et plus récemment dans les outils de la « démocratie » (Ligue des Droits de l'Homme, Droit au logement), je suis un trop vieux Dacquois pour vous laisser dériver sous ce prétexte, dans ce qui relève de la discrimination et de l'exclusion pure et simple de la fête. Pour mémoire durant des années j'effectuais des extras au Splendid Hôtel pour être au plus proche de ma tante G.Raoul qui n'aurait déserté son balcon pour rien au monde. Dans les dernières féria certains s'amusaient à lui jeter des bouteilles sous le regard complaisant du cafetier d'en face. Il est loin le temps « des vieilles chouettes » où on lui envoyait des fleurs, elle est décédée, je ne travaille plus au Splendid. Je suis bénévole sous le pont, j'y ai retrouvé les sons de mon enfance pour mon plus grand bonheur. Vous avez beaucoup à faire pour retrouver le sens premier de cet évènement, il est paradoxal que vous écartiez notre initiative. J'en profite pour vous rappeler notre conversation téléphonique de ces jours-ci, la veille d'une réunion « si on en parlait ? » organisée en direction des Sdfs par la ville de Dax avec toutes les associations « habituelles » sur les thèmes « alcoolisation massive », « regroupements », « manche agressive », « règles d'hygiène ». Nous nous réjouissions de la démarche en déplorant que ni l'association «À l'exception Culturelle » ni « Droit au Logement Dax » n'aient été concertées ou prévenues. Ce sont pourtant elles qui se sont le plus battu aux côté des mal logés et qui continueront à le faire dans leur intérêt, mais aussi le votre. Le 1^er Avril, Droit au Logement Dax organisait une mobilisation contre la fermeture du point d'accueil de jour, vous aviez été informé par communiqué. Avec le plus grand tact, vous avez envoyé le chef de la police municipale, Mr Murcia, pour me rencontrer « seul à seul », ce que je ne souhaitais pas. Au contraire je prêchais pour une concertation large incluant toutes les parties, j'étais loin d'imaginer qu'elle aurait lieu sans nous. Pourtant nous n'avons toujours pas de solution pérenne à Dax malgré les promesses du Plan d'Action Renforcé en faveur des Sans Abris et la loi du Droit au Logement Opposable. Les concernés nous ont demandé d'y assister et nous avons relevé l'aspect « unilatéral » de ce dialogue. La mairie parle de gestion et oppose le manque d'argent, mais en aucun cas n'imagine réclamer les fonds promis par le gouvernement pour régler le problème, ni même nous soutenir dans cette demande. Et nous apprenons que cette même police municipale qui enfreignait les droits fondamentaux il y a quelques mois fait très bien son travail ! C'est pour le moins déconcertant. Aujourd'hui sur ce point comme sur d'autres, je ne suis pas le seul à m'interroger sur vos intentions. Ce qui est sûr c'est que Jacques Forté lui-même n'avait mis aucune entrave au déroulement de notre point d'accueil l'an passé. Etait ce enfin le bon sens et la sagesse qui l'emportait ? Aura t-il voulu s'éviter quelques désagréments de son « Tché Guévara des jardins publics », ou tout simplement aura-t-il préféré, pour une fois nous laisser « faire la Fête » plutôt que de nous faire la guerre. Son choix a été judicieux, mais nous attendons le votre. Dans cette attente, recevez, monsieur le Maire, l'expression de nos salutations sincères. Pour l'association : le Président E.Klein