Créer son propre emploi n'est pas un parcours du combattant, c'est un chemin de croix qui beaucoup trop souvent se termine sur la croix (cf. le nombre de cessations d'activité dans les 3 ans qui suivent l'installation). Par ailleurs, les artisans, dont les cotisations sont les plus élevées et les moins rétribuées, sont paradoxalement les travailleurs qui prennent les risques les plus grands.
Une personne désireuse de tester sa capacité à travailler à son compte doit pouvoir exercer son activité, à durée déterminée, sans avoir à payer la moindre charge ou cotisation autre qu'un impôt proportionnel à son revenu. Autrement dit, un indépendant débutant qui gagnerait, sur une période d'un à deux ans, la somme de 10 EUR ou de 100.000 EUR, ne doit avoir à payer qu'un impôt relatif aux 10 EUR ou aux 100.000 EUR et rien d'autre : s'il ne gagne rien, il ne doit rien. Le système des cotisations sociales ne doit entrer en vigueur qu'après que la viabilité d'une initiative a été mesurée. Pendant cette période d'évaluation, la couverture sociale peut être prise en charge par les assurances chômage qui couvriraient ainsi provisoirement des personnes autonomes et bientôt rentables, et non des personnes totalement assistées, destinées à l'exclusion. Ainsi, l'initiative individuelle ne se heurterait plus à un mur de peur, de menaces financières et de découragement.
Compte tenu des conditions de risque et de pénibilité dans lesquelles travaillent les artisans, ces derniers, débutants ou non, doivent être couverts non pas dans les même proportions que les salariés, mais avec des avantages sur les salariés. Dans une société où le fonctionnariat non productif s'octroie tous les privilèges, l'artisan est une victime et un héros : il est grand temps de lui rendre justice.
14 propositions sérieuses pour que le choix du travail devienne un droit
8 janvier 2004precaire1@free.fr