La flexibilité et la mobilité semblent définitivement instituées en matière d'emploi. Sachant que de nombreux travailleurs à temps plein en sont réduits à se loger dans des foyers, des logements insalubres, voire des bidonvilles, une réforme des conditions d'accès au choix du travail ne peut pas être dissociée d'une réforme de l'accès au logement.
Un propriétaire qui perçoit un loyer, souvent par privilège d'héritage, obtient ainsi une source de revenu non liée à l'exercice d'un travail. La moindre des décences serait alors que ce propriétaire n'ait aucun compte à demander au candidat à la location, dès lors que ce dernier s'engage par contrat à payer son loyer et à réparer ses éventuels dégâts. La relation propriétaire/locataire devrait, dans l'absolu, être une relation totalement anonyme.
Actuellement, la législation locative est à sens unique en faveur des propriétaires, excepté dans un cas de délinquance touchant moins de 3% des locations : il s'agit du cas où le locataire ne paie plus son loyer, souvent pour cause de chômage en fin de droit. Or, des mesures prises en faveur de l'accès au choix du travail auront forcément pour conséquence de faire baisser ce risque de loyer impayé, déjà minime. La protection excessive des propriétaires deviendra par là même infondée, au même titre que la protection excessive, préjudiciable pour les propriétaires, des « délinquants » ne payant plus leurs loyers. L'instauration d'une assurance privée, assortie d'une prise en charge immédiate par le système social pour le relogement des familles en détresse, rendra caduque le préjudice interminable que subissent ces quelques propriétaires lésés par les mauvais payeurs. Toute exigence préalable à la location deviendra dès lors totalement injustifiée ; toute paranoïa et refus à la location de même. Il n'est pas acceptable qu'une personne dans l'obligation de se loger en soit réduite à étaler sa vie privée auprès d'un propriétaire, déjà surprotégé et quasiment jamais poursuivi notamment en matière d'obligation de salubrité. De même, il n'est pas plus acceptable dans un pays civilisé que la situation de familles en détresses soit grevée à des propriétaires au lieu d'être prise en charge par l'État.
14 propositions sérieuses pour que le choix du travail devienne un droit
8 janvier 2004precaire1@free.fr